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Création du site : Décembre 2004

Dernière mise à jour :
dimanche 23 novembre 2014

© www.Fazery.net

    Louis et Marie QUEMERE, Gardiens  de Phare.

Louis QUEMERE voit le jour le 7 juillet 1875 à Riec-sur-Belon, fils de Guillaume-Hervé et de Marie-Anne MAHE...  Né à Elliant, (ses parents y étaient fermiers), Guillaume Hervé exerça la fonction d'agent-voyer dans le canton de Pont-Aven, ou il épousa Marie Anne, née 17 décembre 1852 à Riec sur Belon, le mariage y aura également lieu, le quatre février 1872…

Louis sera  tout d'abord marin-pêcheur à Concarneau,  puis il devient gardien de phare à Penmarch

 

Le Phare D’Eckmühl domine le paysage, ainsi que le vieux phare (au second plan)  aujourd’hui Centre de Découverte Maritime.

                 

Les QUEMERE étaient une vieille famille d’Elliant, on les rencontre  dès 1580, avec la naissance de Guillaume, fils de Jean …  Guillaume se mariera en 1608 avec Marguerite Catherine GUILLOTRE (fille de Jean GUILLOTRE), le couple aura au moins quatre enfants : Guillaume en 1609, Jean en 1611, Catherine en 1612 et Hervé vers 1615 … Exerçant le métier de cultivateurs, pendant de nombreuses générations, on les retrouve au fil des siècles exerçant différentes professions, les fratries nombreuses ne permettant pas à tous de rester à la terre, à moins de trouver une fille à marier, à la tête d’une ferme… Souvent les ainées (dans certaines familles) avaient l’avantage d’hériter de leurs parents et permettaient ainsi au nouvel arrivant de continuer le métier de ses parents …

Onze générations (et trois siècles) séparaient le couple QUEMERE  x GUILLOTRE, de notre homme et le temps passant, on les retrouve établis aux quatre coins du pays …

Un matin, Louis QUEMERE marchait vers Saint Pierre, quand il croise un attelage (une carriole, attelée d’un petit cheval), conduit par une jeune fille, qui se rendait au Phare pour livrer la commande hebdomadaire (de viande)… La conversation s’engage entre eux, chacun racontant sa vie : il apprend qu’elle est la fille de la Boucherie-Charcuterie GLOANNEC, lui raconte  qu’il est aide gardien au Phare, et lui annonce même qu’il est fiancé !!!  La semaine suivante, Louis se précipite au devant de la jeune fille, (venue déposer une nouvelle commande) pour l’aider à descendre de son char-à-banc et à porter ses paquets… A partir de ce jour là, les deux jeunes gens se verront régulièrement et décident assez vite de se marier …

Le 18 avril 1899 en l'église Saint-Nonna de Pennmarch, Marie Jacquette GLOANNEC et Louis QUEMERE, échangent leurs consentements…

Et le lendemain elle s’installe avec son mari dans son logement de fonction, une petite maison blottie au pied de cette imposante bâtisse de 62 mètres de haut, où ils partageront la vie des six gardiens et de leur chef… Escalader chaque jour les 272 marches, qui mènent au sommet est le quotidien de ces hommes… Seule présence féminine dans cet environnement masculin, (de plus, devant le bonheur des jeunes mariés, la jalousie de certains membres de l’équipe devenant manifeste) et le hasard faisant parfois bien les choses : L'administration des phares et balises, souhaitant  substituer aux gardiens du phare de Tévennec, un couple marié, Louis et sa jeune épouse décident de postuler et en quelques mois l'affaire est conclue. En décembre 1900, ils rejoignent Tévennec avec leur petit Louis (né le 10 mars 1900 à Pennmarch)…

Tévennec, un phare sur un rocher à mi-distance entre Sein et la pointe du Raz ; situé au confluent du Raz de Sein et de l'Iroise, les Sénan l’appellent "Tavenok" (petite falaise). Le phare fut mis en service en 1875. Henri GUEZENNEC qui en fut le premier gardien, y perdit la raison, il entendait des voix lui répéter "kerz kuit, kerz kuit" (va-t'en, va-t'en)…  Alain MENOU, qui lui succéda, tient le coup sept ans, entre 1878 à 1885, puis sombre dans la démence. En 1893, A. KERLIVIAU meurt près de son compagnon Corentin COQUET. Plus tard un autre gardien se sectionne l'artère fémorale et meurt vidé de son sang. Son successeur apprend le jour de la relève la mort de ses trois enfants. MILLINER meurt dans les bras de son épouse et en attendant la relève elle le conserve dans le sel, elle dut bien sûr assurer seule le fonctionnement du feu…   

      

           

Le Phare de Tévennec, ci-dessus.

Lanterne de phare équipée.

Système optique à lentilles de Fresnel.

                         

Chez les QUEMERE, la vie s’organise sur le rocher balayé par le vent et les embruns, 3 autres enfants viendront égayer cette petite famille : Charles nait en 1901 à Pennmarch, Alexia en 1903 à l'île de Sein, Marie en 1905 à Pennmarch … En juin 1905 (Marie avait 4 mois), Louis est désigné pour l'île aux Moutons (Moëlez en breton) dans l'archipel des Glénan. D'un simple caillou à un îlot de presque 6 hectares, ce fut pour tous le paradis. Une  tour carrée de 18 mètres accolée d'une habitation spacieuse, de plus l'île est bien protégée de la houle d'Ouest et Sud-ouest par de nombreux rochers responsables de nombreux naufrages. Le plateau de Trévarez à l'ouest de l'île est appelé le cimetière des thoniers. Les bateaux faisant route sur Concarneau avaient tendance à passer trop près de l’ile…

                                                              

    
Le Phare de l’ile des Moutons (dans l’archipel des Glénans).

Une fois installés sur l’ile avec leurs quatre enfants, Pierre et Marie décident l'achat d'une vache, (plus tard deux autres viendront se joindre à la première)... Du lait frais tous les matins … Le jardin potager permet la culture de légumes, et même de fleurs… Les moutons, les canards, les oies et poules s'égaillent sur l'île… Des lapins dans un clapier….

Louis fait l'acquisition d'un canot : le "Moelez", puis d'un second : "Le Goéland". Il se livre à la pêche à l'aide de lignes, filets et casiers, les nombreuses roches autour de l'île sont peuplés de homards et crabes. Du  poisson frais, des crustacés : crevettes, coquillages, à part le pain, l’ile leur permet de mieux vivre qu’à Tévennec!   De son côté, Marie pendant dix-sept ans travaille pour le compte de la maison Richard, mareyeur à Lesconil, elle achète des crustacés aux marins…

Les années passant, la famille continue de s’agrandir, sept autres enfants viennent au monde, portant la fratrie à onze... Seul né sur l’ile, Jean naquit le 21 juin 1906 à 18 h… La grand-mère paternelle vint de Riec-sur-Belon auprès de sa belle-fille pour l’assister... Puis naissent Raymond en 1908, Hervé en 1909, Guillaume en 1911, Suzanne en 1914, Lucienne en 1917, tous à Pennmarch dans la famille de Marie, le dernier Pierre vint au monde en 1921 au Guilvinec…A Tévennec comme à l'île aux Moutons, les enfants se sont tous portés à merveille. Avec son élixir du Pérou (une vieille recette) Marie soignait tout et tout le monde…

Ayant acquis de l'expérience, Marie fut agréée officiellement comme gardienne de phare auxiliaire… Elle reçut aussi de nombreuses décorations :

 
(1)

 

 

 

 

 

 

 

(2)

-          En 1927, elle reçoit la Médaille de la famille française, (1)

-          En 1928, le prix Montyon, de l'Institut de France, (sciences morales),

-          En 1956, la médaille du Mérite Civique (3); décoration également attribuée à d'autres personnalités connues telles que : Blériot, Charcot, Mais le 22 avril (souffrante) elle ne se rend pas à la Sorbonne pour recevoir sa décoration, une place d'honneur lui était cependant réservée.

Le couple aura passé trente trois années dans les phares et élevé une famille de onze enfants…

Une vie bien remplie (aussi) au service des naufragés atterrissant sur l'île et ceux que Louis dans son petit canot pouvait ramener… De Douarnenez à Gâvres, il y avait en ce temps là des milliers d'embarcations qui sillonnaient les eaux : sardiniers, maquereautiers, ligneurs, crabiers… Et fréquents étaient les naufrages dans ces eaux tourmentées… Une nuit, entre autres, Louis se porte au devant d'appels désespérés dans les parages de l'île… Il ramène à terre un homme tenant dans ses bras un enfant inanimé… De retour au phare, on étend l'enfant sur la table, mais dans son instinct de femme et de mère, Marie sent que la mort n'a peut-être pas encore gagné… Elle commence à le frictionner… Le père réconforté par un rhum bien tassé vient à son aide. Louis a poussé le foyer… Après des heures d'efforts une légère rougeur vient aux joues de l'enfant… Marie fond en larme en voyant l’enfant revenir à la vie et rend grâce à Dieu de l’avoir épargné… "Parlez donc des QUEMERE  aux vieux marins de Concarneau, ils vous diront : "des braves gens comme ça il n'y en pas eu beaucoup dans ce bas monde"…

Mais il fallait aussi penser à la retraite, les QUEMERE achetèrent à Pennmarch une grande maison attenante à la Poste …  Pour les enfants en âge d’aller à l’école, ce fut le départ pour le continent, dans la famille, il y avait toujours quelqu’un pour les prendre en charge et les scolariser, quand aux plus petits, ils furent envoyés dans les Internats du Continent : Concarneau, Pont l’Abbé, Le Guilvinec et rejoignaient Moëlez pour les vacances scolaires …

Avec les années, les enfants quittèrent un à un le cocon familial, tous se marièrent et s’installèrent  sur le Continent, à part Marie et Pierre BODERE qu’elle avait épousé le 11 avril 1926, qui s’installèrent sur l’Ile Saint Nicolas aux Glénan…

Les époux QUEMERE, vécurent 26 ans sur l’Ile aux Moutons, jusqu’à ce que Louis, malade, ne décède chez eux à Pennmarch, le 29 aout 1931… Ayant vendu leur maison de Pennmarch à leur fille Alexia, ils s’étaient fait construire une autre à Loctudy, au lieu dit Le Clos… Marie aménagera seule dans cette grande maison, où elle recevra ses enfants et petits enfants… Elle y vivra avec ses souvenirs… Elle loua une partie de sa maison, afin de se trouver moins seule… Pour celle qui avait monté tant de marches, alors que, grimpée sur son fourneau, elle voulait remonter sa pendule, Marie perdit l’équilibre. Sa tête porta contre le fourneau, ce fut sa locataire qui la trouva inanimée. Elle décédera quelques heures plus tard, le 21 juin 1956.  Elle avait 76 ans…  Après ses obsèques en l’église de Loctudy, elle fut inhumée auprès de son mari au cimetière de Pennmarch…

Comme Louis, je descends aussi de Guillaume QUEMERE et Marguerite Catherine GUILLOTRE…

François MEVELLEC

-          Je remercie Adrien BODERE, auteur du récit concernant Marie Jacquette GLOANNEC (épouse Louis QUEMERE) qui m’a inspiré cet article…

-          Ascendance de Louis QUEMERE (ici)