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Création du site : Décembre 2004

Dernière mise à jour :
dimanche 23 novembre 2014

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Le tumulus de kerbernez

  

Dans le « bulletin de la société archéologique du Finistère » de 1891, Mr Maurice HALNA DU FRETAY(1835-1901), célèbre archéologue fait part de ses recherches sur le tumulus de Kerbernez en Briec.

 Caché derrière des grands fossés de bois, se trouve une parcelle de 3 kilomètres de diamètre située sur un plateau depuis lequel on a vue sur les monts d’Arrées. Cette parcelle se nomme « Goarem An Tuchen » ; « Goarem » signifiant terrain pierreux et « Tuchenn » est un mot de la basse Cornouaille signifiant butte.  

 Pour qui connaît un peu le secteur, ou qui voudrait trouver trace de ce tumulus, nous sommes à proximité des Trois Croix dans le nord de Briec.  

 Du 30 août au 3 septembre 1892, Mr Le Baron Maurice Halna du Frétay a donc procédé à la « fouille » du tumulus ; accompagné de 10 terrassiers et de surveillants, équipé de 2 charrettes à bras leur permettant de vider la terre accumulée.

 La plate forme fait 35 m de diamètre et 5m50 de hauteur. Le tumulus a été confectionné en terre jaune sans aucune pierre et forme une masse très compacte qui n’a jamais été modifiée depuis son origine. Sur la parcelle du tumulus, on peut apercevoir des demi-cercles de grosses pierres enfoncées dans la terre qui font penser selon Mr Halna du Fretay à une très grande sépulture.

 

 Après avoir préparé leurs tranchées pour accéder au centre du tertre, ils arrivent au sommet. D’après l’archéologue, ce site a déjà été visité par des professionnels qui sont revenus bredouilles. Des tranchées ont déjà été effectuées, mais toujours selon lui, les archéologues n’avaient pas cherché au bon endroit.

 

Au 3ème jour de leur chantier, Mr Halna du Frétay en sondant la terre, tombe sur un galgal (c’est le cairn ou caverne servant le plus souvent à recouvrir des sépultures) et quelques heures après creuse plus profondément pour arriver sur une crypte. A la seule lumière d’une bougie, il aperçoit enfin une table (dolmen)

 

 Le galgal constitué de grosses pierres fait 1 m de largeur de chaque côté de la crypte et les tables découvertes sont situées à 6 mètres en dessous de la partie extérieure du tumulus ; la crypte est donc entièrement souterraine.

  

Les tables sont en schiste et sont superposées les unes sur les autres. Le haut de la crypte paraît plus ou moins affaissé, du moins l’on voit par endroits les murs faits de schiste et de grès paraissant peu solides. Ceci est probablement dû à la confection primaire des murs et au poids du galgal et du tumulus, et fait donc penser à nouveau à une construction très ancienne.

 

A l’intérieur de la crypte, une excavation de 40 cms a été créée pour servir de niche à 1 urne principale ; celle-ci a probablement contenu les cendres du chef . Malheureusement, il ne reste qu’un morceau d’anse et un fond.

Il y a également de chaque côté de la grande urne 2 autres contenant peut être les cendres de guerriers proches du chef. Ces urnes (ou plutôt morceaux d’urnes) sont situées plus en hauteur sur un lit de pierres plates, à 1 mètre de l’urne principale. Ce sont des poteries de couleur rouge assez grossières et d’épaisseur inégale, ce qui fait dire à Mr Halna du Frétay qu’elles ont été faites à la main et ne sont certainement pas sorties d’un four.

 A la découverte de ces morceaux d’urnes, s’ajoute la trouvaille d’une sorte de triangle en schiste très dur découverte au dessus de l’urne principale, pouvant faire penser à une pointe de lance.

Il y a également 25 silex taillés trouvés dans la crypte et le terrassement (dans la partie tumulus) et une lame de fer probablement plus récente que les silex et les urnes trouvée également dans le terrassement.

 A ce stade, Mr Halna du Frétay date le monument de 4000 ans avant notre ère, période en plein néolithique (- 9000 / - 3300), où les hommes apprivoisaient peu à peu leur environnement (sédentarisation, domestication des animaux et des cultures, poteries, etc…) 

Très impressionné par sa découverte, sa conclusion sera celle-ci :

 « Nous avons enfin, à Kerbernez, été témoins du travail des premiers maçons bretons. »